Il y a une catégorie de compétiteurs dont on parle peu et qui remplit pourtant les salles : les vétérans. Des judokas de 30 à 70 ans et plus, souvent enseignants dans leur club la semaine, qui remontent sur le tapis le week-end pour aller chercher un titre. Cet automne, ils ont deux rendez-vous majeurs en cinq semaines. Spécialiste des arts martiaux à Toulouse depuis 1996, nous suivons de près ces échéances, parce que ce sont elles qui décident du judogi que ces compétiteurs vont porter.
Sarajevo, les championnats du monde vétérans
Du 20 au 24 septembre 2026, Sarajevo accueille les championnats du monde vétérans. Les chiffres publiés par la Fédération internationale de judo donnent la mesure de l'événement : 1 363 compétiteurs, 65 pays, six continents représentés. La répartition est révélatrice de la discipline : 1 179 hommes répartis sur 63 catégories, et 184 femmes sur 46 catégories.
La liste officielle des engagés, publiée sur le site de l'IJF, compte plusieurs dizaines de judokas français. Il ne s'agit pas d'une sélection au sens habituel du terme : chez les vétérans, l'athlète s'inscrit lui-même par l'intermédiaire de sa fédération nationale, à condition d'être licencié, d'être au minimum ceinture marron et de fournir un certificat médical de moins d'un an.
Portimão, les championnats d'Europe

Cinq semaines plus tard, du 22 au 25 octobre, c'est au tour de l'Europe, à la Portimão Arena, en Algarve. L'accréditation se fait le 21. La particularité de cette édition portugaise est d'accoler deux compétitions : le tournoi classique en tachi-waza, et une compétition de ne-waza distincte. Un compétiteur peut s'engager sur les deux.
Le calendrier administratif est serré et il vaut mieux le connaître : paiement de l'inscription par virement jusqu'au 9 octobre, et clôture des engagements sur JUDOBASE le 12 octobre. Passé ces dates, le règlement prévoit une majoration et les inscriptions sur place ne sont acceptées qu'avec l'accord écrit de la fédération nationale.
Lieu : Sarajevo, Bosnie-Herzégovine
Engagés : 1 363 compétiteurs, 65 pays
Épreuves : tachi-waza
Lieu : Portimão Arena, Portugal
Accréditation : 21 octobre
Épreuves : tachi-waza et ne-waza
Grade : ceinture marron minimum
Licence : fédération affiliée IJF
Médical : certificat de moins d'un an
Neuf tranches d'âge, deux grilles de poids
C'est la vraie spécificité du judo vétéran : on ne met pas un judoka de 32 ans face à un judoka de 58 ans. Les tranches vont de F1 et M1 (30 à 34 ans) à F9 et M9 (70 ans et plus), par paliers de cinq ans. À partir de la catégorie 7, c'est-à-dire 60 ans, les étranglements ne sont plus autorisés.
La durée des combats suit la même logique : trois minutes plus un golden score illimité jusqu'à la catégorie 6, puis deux minutes trente et un golden score plafonné à une minute à partir de la catégorie 7.
Les catégories de poids restent celles du circuit senior : de moins de 48 kg à plus de 78 kg chez les femmes, de moins de 60 kg à plus de 100 kg chez les hommes.
Ce que le règlement impose côté judogi

C'est le point que beaucoup de compétiteurs découvrent trop tard, parfois la veille du contrôle. Le règlement de l'épreuve est explicite : tous les judokas doivent combattre en judogi homologué IJF, et seuls les labels rouge et vert sont acceptés. Le contrôle vérifie la présence de l'étiquette officielle IJF avec son code optique infalsifiable. Un judogi de club, même très bon, ne passe pas.
Deuxième obligation, le backnumber. Chaque compétiteur engagé sur une épreuve EJU doit avoir cousu dans le dos de sa veste le dossard officiel portant son nom et l'abréviation de son comité national olympique. Ce n'est pas un détail optionnel, c'est une condition d'accès au tapis.
Troisième point : le protocole de remise des médailles impose de monter sur le podium pieds nus, sans couvre-chef, et en judogi blanc homologué IJF. Autrement dit, celui qui n'a emporté que son judogi bleu se retrouve en difficulté au moment le plus agréable de sa compétition. Sur le circuit international, le compétiteur est de toute façon tiré au sort en blanc ou en bleu selon les tours : il faut donc les deux.
Les deux judogis qu'impose le règlement
Préparer le sac, pas seulement le judogi
Un déplacement de quatre jours ne se prépare pas comme une compétition régionale. Prévoir deux judogis complets, veste et pantalon, plus une ceinture de rechange, et un sac de judo assez grand pour tout emporter en cabine. Chez les vétérans, la question des protections se pose aussi plus souvent que chez les seniors, en particulier pour les doigts et les genoux.
En pratique
Si vous êtes engagé à Portimão, les trois choses à vérifier tout de suite sont le label de votre judogi, la présence de votre backnumber, et le fait d'avoir bien un blanc et un bleu. Le reste se règle sur place. Si vous hésitez encore à vous engager, sachez que la clôture JUDOBASE tombe le 12 octobre et que le montant de l'inscription augmente par paliers d'ici là.
Questions fréquentes
À partir de quel âge peut-on concourir chez les vétérans ?
Il faut avoir au minimum 30 ans dans l'année de la compétition. La première tranche, F1 et M1, couvre les 30 à 34 ans.
Faut-il être sélectionné pour y participer ?
Non. Contrairement aux championnats seniors, le judoka vétéran s'inscrit lui-même, par l'intermédiaire de sa fédération nationale. Il doit être licencié, ceinture marron au minimum, et présenter un certificat médical de moins d'un an.
Mon judogi de club suffit-il ?
Non. Le règlement impose un judogi homologué IJF portant l'étiquette officielle avec code optique, labels rouge ou vert uniquement. Un judogi d'entraînement, même de bonne qualité, est refusé au contrôle.
Pourquoi faut-il un judogi blanc et un judogi bleu ?
Parce que la couleur est attribuée par le tirage au sort à chaque tour. Et parce que le protocole de remise des médailles impose le judogi blanc homologué IJF sur le podium.
Qu'est-ce que la compétition de ne-waza à Portimão ?
C'est une épreuve distincte, disputée uniquement au sol, qui s'ajoute au tournoi classique. Un compétiteur peut s'engager sur les deux épreuves, avec un tarif d'inscription spécifique.
Les règles sont-elles les mêmes à tous les âges ?
Non. À partir de la catégorie 7, soit 60 ans, les étranglements ne sont pas autorisés et la durée des combats est réduite à deux minutes trente, avec un golden score limité à une minute.
Sources : Fédération internationale de judo (page officielle de la compétition de Sarajevo), European Judo Union, règlement officiel des championnats d'Europe vétérans 2026 publié par la Fédération française de judo.

