Il est un peu plus de 15 heures, dimanche 6 septembre, dans la salle de Podgorica. Le tableau d'affichage indique 3-3 entre la France et la Russie en finale des Championnats d'Europe juniors par équipes. Tout se joue sur un tirage au sort, et c'est la catégorie des -73 kg qui sort. Désir Zoba Casi doit donc y retourner, contre l'adversaire qui vient de l'immobiliser. Quinze secondes plus tard, c'est fini : la France est championne d'Europe pour la deuxième année consécutive.
Chez nous, le judo occupe les rayons depuis 1996, et on suit ces compétitions de jeunes autant par métier que par plaisir. Parce que ce sont les judokas qu'on voit passer à la boutique, parfois pour leur premier kimono de judo, qui deviennent ceux-là quelques années plus tard.
Une finale gagnée au tirage au sort
Les Championnats d'Europe juniors de judo 2026 se sont tenus du 3 au 6 septembre à Podgorica, au Monténégro. La compétition par équipes mixtes fermait le rideau le dimanche.
Exemptés de premier tour, les Bleuets sont entrés directement en quarts de finale, où ils ont écarté la Croatie 4-1. Même score en demi-finale contre l'Allemagne. En face, la Russie avait déroulé : 4-0 contre l'Italie, 4-0 contre la Turquie. Sur le papier, la finale s'annonçait déséquilibrée. Elle est allée jusqu'à la dernière seconde possible.
Le format est simple et cruel : six combats, une catégorie chacun, et en cas d'égalité 3-3, une catégorie tirée au sort départage tout le monde.
Les sept combats de la finale
Issue : victoire sur yuko
Score : 1-0 France
Issue : défaite sur immobilisation
Score : 1-1
Issue : défaite, hansoku-make
Score : 1-2 Russie
Issue : victoire sur yuko
Score : 2-2
Issue : victoire sur yuko
Score : 3-2 France
Issue : défaite sur immobilisation
Score : 3-3
Deux détails racontent bien cette finale. Le premier : Léonie Minkada-Caquineau, championne d'Europe en individuel deux jours plus tôt, se fait disqualifier sur hansoku-make à 37 secondes de la fin pour un coup de coude, alors qu'elle était menée et poussait. Le second : Désir Zoba Casi, battu au sixième combat, est celui que le tirage au sort renvoie sur le tapis. C'est souvent là que l'adversaire prend l'ascendant psychologique. Cette fois, non.
Sur le podium, la Géorgie et l'Ukraine ont pris les deux médailles de bronze.
Douze médailles en individuel, et la première place au tableau
Le titre par équipes vient conclure une semaine déjà exceptionnelle. En individuel, les Bleuets ont ramené douze médailles et terminé premiers au tableau des médailles, devant toutes les nations européennes.
Chloé Jean (-70 kg)
Léonie Minkada-Caquineau (+78 kg)
Kévin Nzuzi Diasivi (+100 kg)
Lucien Tixier (-60 kg)
Mathéo Akiana Mongo (+100 kg)
Clarisse Carillon (-57 kg)
Lucie Rullier (-78 kg)
Noah Boué (-81 kg)
Gaya Sonntag (-100 kg)
La catégorie des +100 kg mérite un arrêt : Kévin Nzuzi Diasivi et Mathéo Akiana Mongo se sont partagé l'or et l'argent. Deux Français sur les deux premières marches d'un championnat d'Europe, dans la catégorie reine, cela ne se voit pas tous les ans.
Une génération qui ne sort pas de nulle part
L'épreuve par équipes juniors existe depuis 2018. Depuis sa création, la France est montée sur le podium à chaque édition : première en 2021, 2022, 2025 et 2026, deuxième en 2018 et 2024, troisième en 2023. Aucune autre nation n'affiche cette régularité.
Ce n'est pas un hasard de calendrier. C'est le produit d'un maillage de clubs, de pôles espoirs et d'entraîneurs qui font le même travail, semaine après semaine, sur les mêmes tatamis que les vôtres. Les judokas qui ont gagné à Podgorica ont commencé en ceinture blanche comme tout le monde, dans un club de quartier.
Et la culture compte autant que la technique. La disqualification de Léonie Minkada-Caquineau en finale rappelle que le judo sanctionne durement ce qui sort du cadre, y compris dans le feu de l'action. C'est tout l'objet du code moral du judo, qu'on apprend avant les techniques.
Ce que portent les judokas à ce niveau
Une question revient souvent au comptoir après ce genre de compétition : est-ce que les kimonos vus sur le tapis sont les mêmes que ceux du club ? Non, et la différence tient à un mot : l'homologation.
Pour combattre dans une compétition officielle sous l'égide de la Fédération internationale de judo, un judogi doit porter le label IJF, matérialisé par une étiquette rouge cousue sur la veste. Ce label impose des mesures précises : longueur de manche, largeur aux aisselles, croisement au sternum, longueur de jupe. Un contrôle a lieu avant chaque combat, et un kimono non conforme est refusé.
Concrètement, les modèles homologués de notre rayon sont le Mizuno Yusho IJF 2023, référence des compétiteurs, et le Fighting Films Superstar 750, très présent chez les gabarits puissants. Tous deux sont en toile 750 g double tissage grain de riz, la référence de la compétition.
La ceinture aussi est réglementée en compétition officielle. Côté homologué, on trouve la ceinture noire adidas IJF Elite et la Mizuno IJF Best. Le reste de la gamme est dans la collection ceintures de judo.
Pour l'entraînement quotidien, en revanche, l'homologation ne sert à rien et coûte cher. Un adidas J690 Quest en 690 g fait très bien le travail en club et en compétition départementale ou régionale, et un J350 suffit largement pour débuter. Notre guide du kimono de judo détaille les grammages et le choix de la taille.
Et pour les enfants qui regardent ça
C'est toujours après une belle compétition que les licences repartent. Si un enfant réclame son premier kimono cette semaine, deux choses valent la peine d'être dites.
La première : inutile d'acheter du matériel de compétition à un débutant. Un Mizuno Shiro ou un adidas J200E évolutif, avec son ourlet détachable qui donne deux tailles dans un seul kimono, est le bon point de départ.
La seconde : la taille se lit en centimètres et correspond à la taille du corps, avec 5 à 10 cm de marge pour le rétrécissement du coton. C'est la première cause de retour à la rentrée, et c'est évitable en trois minutes de mesure.
La suite du calendrier
Podgorica n'était qu'une étape. Les Championnats du monde juniors se disputent en octobre, et cette équipe s'y présentera avec le statut de championne d'Europe en titre. Pour les seniors, la saison avait déjà été marquée par les Championnats d'Europe de Tbilissi en avril, eux aussi conclus sur douze médailles françaises.
Bravo aux Bleuets
Toute l'équipe de la Boutique des Arts Martiaux adresse ses félicitations aux judokas de l'équipe de France juniors, à leurs entraîneurs et à leurs clubs. Quatre titres européens, douze médailles, la première place au tableau et une couronne par équipes conservée dans les dernières secondes : c'est un très beau début de saison, et ça donne envie à toute une génération de pousser la porte d'un dojo. Bravo à eux, et bonne chance pour les Mondiaux d'octobre.
En pratique
Ce qu'il faut retenir de Podgorica : la France conserve son titre européen juniors par équipes, elle est première nation au tableau des médailles avec douze podiums en individuel dont quatre titres, et elle n'a jamais manqué le podium de cette épreuve depuis sa création en 2018.
Et pour ceux que ça donne envie de reprendre ou de commencer : un judogi correct, une ceinture à son grade, et un club. Le reste vient avec les heures de tapis.
Questions fréquentes
Quand ont eu lieu les Championnats d'Europe juniors de judo 2026 ?
Du 3 au 6 septembre 2026 à Podgorica, au Monténégro. Les catégories individuelles se sont disputées du jeudi au samedi, la compétition par équipes mixtes le dimanche.
Comment la France a-t-elle gagné la finale par équipes ?
Sur le score de 4-3 contre la Russie. Les six combats réglementaires se sont soldés par une égalité 3-3, et la catégorie des -73 kg a été tirée au sort pour départager les deux équipes. Désir Zoba Casi a remporté ce combat décisif en quinze secondes.
Combien de médailles la France a-t-elle remportées ?
Douze médailles en individuel : quatre titres, trois médailles d'argent et cinq de bronze, plus l'or par équipes. La France termine première nation au tableau des médailles de ces championnats.
Qu'est-ce qu'un kimono homologué IJF ?
C'est un judogi conforme au cahier des charges de la Fédération internationale de judo, reconnaissable à son étiquette rouge. Il respecte des mesures précises de manche, de jupe et de croisement, contrôlées avant chaque combat en compétition officielle. Il est obligatoire à partir d'un certain niveau de compétition, et inutile pour la pratique en club.
Faut-il un kimono de compétition pour un enfant qui débute ?
Non. Un judogi d'initiation en toile légère est plus confortable, moins cher et parfaitement adapté aux premières années. Le kimono de compétition devient utile quand l'enfant commence les compétitions officielles, souvent vers le niveau départemental et au-delà.
Quelle taille de kimono de judo choisir ?
La taille est exprimée en centimètres et correspond à la taille du judoka, à laquelle on ajoute 5 à 10 cm pour anticiper le rétrécissement du coton aux premiers lavages. Un judoka d'1,75 m prend donc un 180 cm.
Où suivre les prochaines compétitions de l'équipe de France ?
Le prochain rendez-vous majeur pour cette génération est le Championnat du monde juniors, en octobre 2026. Les résultats et le calendrier des compétitions internationales sont publiés par la Fédération internationale de judo et la Fédération française de judo.

